Pôle de Socio-Economie Solidaire





   
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  05 septembre 2008
Pôle de Socio-Economie Solidaire Evaluation plurielle et indicateurs de richesse

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Par Julie Matthaei, Jenna Allard & Carl Davidson
avril 2008


Forum Asiatique pour une Economie Solidaire
Manille (Philippines)
17-20 octobre 2007
novembre 2003
“ Il faut impliquer les élus ”

Alex MacGillivray est membre de la New Economics Foundation (*) qui appui la création d'indicateurs locaux participatifs de développement durable. Il analyse leurs impacts sur les décisions locales.
Philippe Jacquot

Article paru initialement dans le hors-série n°38 de la revue Politis, consacré au Forum Social Européen, novembre-décembre 2003


Dans quel contexte se développent les projets d'indicateurs locaux et participatifs ?

Au début des années 90 : Leicester, Leads et Bristol ainsi qu' une très petite commune dans l'Ouest de l'Angleterre. s’inspirent de Seattle (Etats-Unis) qui avait réalisé un indicateur sur la fréquentation des saumons dans la rivière. C'était intéressant car cela concernait autant l'environnement que le patrimoine, l'histoire et l'économie avec l'industrie forestière.
La New Economic Foundation (NEF) a beaucoup aimé l'idée de manier l'information sur le développement durable en même temps que la participation des groupes locaux alors que le contexte institutionnel est très centralisé.
Pour favoriser la participation, on s'est rendus compte qu'il fallait inclure les enfants dans la réalisation des indicateurs. Cela devient un projet pour l'école et favorise la diffusion de l'information. Dans des villes, les enfants comptaient le nombre de grenouilles dans les étangs. Un comptage facile mais qui donne des indications sur le niveau de pollution de l'eau et de l'air.
Au fil des années, les indicateurs ont élargit leurs thématiques aux questions de chômage, de qualité de vie, l'enfance.
Cette multiplication d'initiatives a permi à la NEF de travailler avec les institutions statistiques à la création d'un niveau d'informations communal qui n'existait pas. Au Royaume Uni, on trouve ainsi des données statistiques pour les villes de plus de 5000 habitants.

Que révèle la première évaluation sur 150 projets ?
Le constat global est que les idées de promotion du débat entre les citoyens ont très largement avancé, mais il est encore difficile d'influer sur le processus de décision.
10 à 15 % des projets ont réussi à modifier le mode et la base des décisions locales.
Un bon exemple est la Ville de Bristol. Un groupe de jeunes engagés dans le processus a déterminé un indicateur de pauvreté et d'exclusion : le nombre d'élèves qui vient à l'école sans avoir pris un petit-déjeuner. Ils ont été choqués par les chiffres et des clubs de petit déjeuner se sont créés dans les écoles grâce à une réponse politique très rapide.
Faire des indicateurs sur de grands enjeux sociétaux est important pour élever le niveau de connaissance des gens. Mais si on ne peut pas trouver de solution locale, cela devient théorique et cela diminue l'énergie du groupe.
En, même temps si on ne choisi que des petits problèmes qui se règlent en deux semaines, cela crée aussi des tensions. Dans chaque système d’indicateurs on mélange maintenant les échelles de gravité.

Quels étaient les atouts de ces 10 % de démarches participatives considérées comme réussies ?
La communication est capitale. Dans le cas de Bristol, mille personnes sont engagées chaque année dans l'élaboration des indicateur et les résultats sont relayés à un public beaucoup plus large à travers des documents, des roads show...
Il faut impliquer les élus dans l'élaboration des indicateurs autant que les citoyens afin que la démarche des groupes locaux soit suivie de décisions tangibles.
Ensuite, il faut situer les projets sous la responsabilité du bureau du chef du conseil et pas dans le département de l'environnement. En Angleterre, on dit toujours qu'il se trouve dans un placard... Il faut donc s'assurer de l'appui du chef de cabinet.
Un autre facteur de réussite est d’avoir une ville avec une identité bien ancrée. Nous avons eu quelques projets avec des banlieues très défavorisées. Il est toujours possible de mobiliser un groupe d'une dizaine de personnes, mais les indicateurs auront beaucoup de mal à faire changer les choses. Dans ces cas, il faut d'autres moyens comme développer les banques du temps [équivalent des des systèmes d’échanges locaux en France]. C’est un projet tangible pour des gens qui vont commencer à échanger. Après, cela génère des chiffres, des données et là les indicateurs deviennent pertinents.

Développez-vous de nouveaux outils ?
Nous avons fait des études dans quatre communes sur un outil qu'on appelle Plugging the leaks (1). On considère l'économie locale comme une passoire qui laisse fuir l’argent. Il faut comprendre où sont les trous et ensuite les boucher. C'est le principe de l’effet multiplicateur de la monnaie : dans une communauté locale, si un euro change trois fois de main sans sortir du circuit, il produit un effet positif sur l'économie locale, en dessous, il a été inutile.

Et le processus de mesure est lui-même participatif ?
C'est un peu technique, mais il faut inclure les gens pour savoir s’ils vont dans les petits magasins ou les supermarchés... On fonctionne avec des questionnaires et nous intégrons un maximum de commerçants, des entreprises et artisans locaux. Ils voient le projet comme la réalisation d’un budget familial, mais à l’échelle de la ville.



Notes

*. La New Economics Foundation est un organisme indépendant de recherche économique appliquée. Depuis sa création en 1986, la NEF axe ses travaux sur l’économie du bien-être, à travers l’appui à des projets de terrain, une activité d’édition et la création d’outils d’évaluation et de participation. Alex Macgillivray a travaillé sur des projets d’indicateurs locaux. Il est le coauteur du livre Les Villes fantômes britanniques, consacré à l’appauvrissement socio-économique des petites villes.
1. "Boucher les trous"


 



   

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